Editorial

Vent nouveau sur la recherche en ESS

La diversité des articles qui composent ce numéro 350 de la Recma témoigne de la multiplicité des approches et des formes de l’économie sociale et solidaire. Cette multiplicité a été soulignée de longue date – à vrai dire dès l’émergence du concept d’économie sociale dans les années 1970. Elle a cependant évolué en relation avec les transformations de la société et sous les impulsions de la recherche. Celle-ci est aujourd’hui en effervescence.

Quand les pouvoirs publics qualifient l’ESS

La rubrique « actualité » de ce numéro 349 témoigne de la très riche actualité sur l’ESS : débats autour de l’objet social de l’entreprise, Carrefour des innovations, French Impact, loi Pacte... Le lecteur pourra constater que les relations entre les entreprises de l’ESS et les pouvoirs publics y tiennent une place importante.

L’éducation, réponse aux défis de l’ESS ?

L’éducation à l’ESS est une question d’une grande complexité. À lui seul, le terme « éducation » a donné naissance à une discipline qui recouvre à la fois un ensemble de théories et de nombreux métiers et pratiques, et il définit des sous-disciplines des sciences humaines : sociologie, psychologie, économie de l’éducation sont autant d’immenses corpus théoriques. En tant qu’objet de recherche, l’ESS n’a pas cette ancienneté. Ignorée durant près de deux siècles, elle n’appartient à aucune discipline.

L’ESS entre démocratie et commerce

En mettant en question les contrats aidés, le gouvernement français a suscité un large mouvement de contestation au sein de l’ESS. En même temps, la nomination de Christophe Itier a été saluée à juste titre, même si un haut-commissariat n’est pas un ministère délégué ni un secrétariat d’Etat. Ces deux évènements invitent à s’interroger sur la grande ligne politique du gouvernement français en matière d’ESS.

En quête du commun

Ce numéro 345 comprend un dossier issu des rencontres du Réseau inter­ universitaire en économie sociale et solidaire de Montpellier (RIUESS 2016) et trois articles portant respectivement sur les mutuelles de santé au Sénégal, le secteur sans but lucratif en Chine et la participation des salariés dans les coopératives de consommateurs.

De la créativité associative

Le dossier de ce numéro 344 est issu de la rencontre 2015 du Riuess (Réseau inter­ universitaire de l’ESS) à Reims. Les trois articles qui le composent, introduits par Monique Combes-Joret et Laëtitia Lethielleux, s’intéressent à la tension entre créativité et normalisation dans les associations du secteur social et médico-social. L’action sociale représente 40 % des emplois de l’ESS et la santé près de 8 %, dont 95 % dans les associations. L’action sociale est l’une des rares activités où l’ESS est majoritaire, avec plus de 60 % des emplois du secteur.

De la coopérative à la coopération... et réciproquement

Accompagnant l’essor de l’économie sociale et solidaire, la Recma s’étoffe de numéro en numéro. Celui-ci comprend huit articles : un dossier de cinq articles sur les pôles territoriaux de coopération économique (PTCE), introduit par Laurent Fraisse et Patrick Gianfaldoni, et trois articles hors dossier.

L’ESS au regard des communs

Dans ce numéro 342, nous poursuivons le dossier sur l’économie sociale en Asie ouvert dans le numéro précédent. Portant sur l’ESS au Japon, en Corée et en Chine (numéro 341), au Vietnam, au Cambodge et aux Philippines (ce numéro), les articles réunis par Jacques Defourny et Eric Bidet offrent un panorama inédit, passionnant et inspirant. La diversité qu’il révèle confirme à qui pouvait encore en douter le renouveau de l’ESS que nous avions déjà constaté en réalisant le numéro spécial Amérique latine (numéro 337, été 2015).

La dimension politique de l’économie sociale

Au moment où disparaît l’homme politique français à qui l’économie sociale doit d’être aujourd’hui reconnue, celle-ci est amenée à prendre l’une de ses premières positions politiques importantes. La loi travail questionne en effet les rapports entre la liberté du travail et l’organisation collective. Son article 2 affirme : « La primauté de l’accord d’entreprise en matière de durée du travail devient le principe de droit commun ». L'accord d'entreprise prime dorénavant sur l'accord de branche et inverse la hiérarchie des normes en vigueur.